Parque Paradigma
DÉPARTEMENT D’ÉTUDES ANEXACTES
Projet : Parc Paradigme
Membres : À composition variable, au moment de la deuxième fondation du Parc Paradigme, le Département d’Études Anexactes était composé de : Nicolás Bacal, Jerónimo Bujman, Tomás Ciccola, Ariel Cusnir, Nicolás Agustín Da Mommio, Rosario Espinoza, Leopoldo Estol, Leandro Garber, Mercedes Sánchez Dansey, Julián Sardi, Yennyfer Tellez, Tomás Werthein et Leonello Zambon.
Année de création : 2018 – futur ?
Lieu : La Zona, campus Villa Lynch, Université Nationale de Tres de Febrero (UNTREF)
Contact : [email protected]
Instagram : @deanexactos
Publication : Revue MUSEO – n°8
Description de l´origine
Le Parc Paradigme est un projet en état de refondation permanente. Bien que son origine soit liée à la rencontre avec un territoire spécifique, on peut aujourd’hui affirmer qu’il ne se situe pas nécessairement dans un lieu fixe, mais qu’il gravite autour d’une communauté : la Licence en Arts Électroniques de l’UNTREF.
La première fondation du parc a eu lieu sur le terrain vague jouxtant l’ancien entrepôt ferroviaire où se trouvent les laboratoires du programme, sur le campus de Villa Lynch. Ce terrain appartenait déjà à l’université, mais en 2018–2019, il conservait encore les traces d’un ancien club ferroviaire, visibles au milieu des herbes folles.
En explorant ce terrain – bientôt rebaptisé “La Zona” – nous avons découvert deux locomotives rouillées, empilées de manière insolite. De cette rencontre est née, parmi un groupe auto-organisé d’enseignant·e·s et d’étudiant·e·s, l’idée de créer un parc ne nécessitant pas de conception préalable, mais pouvant émerger de l’habitation du territoire, intimement lié à notre vie universitaire. Un lieu où coexistent flore et faune spontanées, vestiges d’un passé industriel abandonné et projets futurs d’un terrain de sport prévus par l’université.
Activités réalisées
Refondation Permanente
Pratiques Collaboratives pour un Parc Universitaire
En 2018, la Licence en Arts Électroniques de l’UNTREF a mis en place un nouveau modèle expérimental. La structure traditionnelle de matières isolées a été reconfigurée en une série d’ateliers favorisant un apprentissage horizontal et transdisciplinaire.
Dans ce cadre, étudiant·e·s et enseignant·e·s ont ressenti l’urgence d’auto-gérer non seulement la mise en œuvre du modèle académique, mais aussi l’architecture spatiale qu’il requérait. En identifiant les frontières internes, les zones d’indétermination et les potentiels extrascolaires, la communauté a reconfiguré les usages publics de la périphérie du campus, proposant des formes d’habitation partagée qui génèrent morphologies et usages spécifiques.
Contre-forme des espaces urbains conçus et gérés par des spécialistes, cette pratique d’urbanisme direct repose sur la coopération et le partage de la terre et des idées. Les enseignant·e·s et étudiant·e·s se sont organisé·e·s sous le nom de “Département d’Études Anexactes” afin de proposer une feuille de route possible : créer un parc universitaire comme pratique expérimentale d’habitabilité et de réflexion territoriale.
Défis rencontrés
Difficulté et Possibilité
Premier Déplacement Fondateur
Les premiers obstacles étaient d’ordre juridique et matériel. Les tentatives de formalisation institutionnelle se sont heurtées à des résistances. Une clôture nous séparait de la zone universitaire en construction, inaccessible pour des raisons de responsabilité. Nous avons commencé à construire des éléments du parc – à la fois fonctionnels et symboliques – que nous stockions sur le campus, leur installation étant interdite.
Nous avons fabriqué une petite bibliothèque mobile en bois et une grande enseigne à partir de pièces métalliques trouvées. En avril 2019, le service d’architecture de l’université nous a demandé de déplacer l’enseigne de la circulation publique en prévision d’une conférence de Judith Butler. Ce fut l’occasion de l’installer au cœur de “La Zona”, marquant la première fondation officielle du parc par un léger déplacement inattendu.
Deuxième Fondation
Le 17 octobre 2019, le parc fut refondé par un nouveau déplacement territorial – cette fois de Villa Lynch vers le parc Tres de Febrero à Palermo.
Avec le soutien de Bienal Sur, une exposition publique a été organisée au musée Eduardo Sívori des Arts Visuels, présentant des structures mobiles pour dialogues et rencontres. Ces micro-architectures sont ensuite revenues sur le campus, intégrant les équipements mobiles de la communauté.
Cette seconde fondation a donné lieu à des collaborations avec IF – Investigations Futures et le MACMO – Musée d’Art Contemporain de Montevideo. Ce processus est documenté dans le numéro 8 de la revue MUSEO, disponible sur le site du MACMO.
Micro-conférences et Documentaires
Le lendemain de la deuxième fondation, le soulèvement du 18 octobre éclatait à Santiago. Julián Sardi, directeur du Bureau des Affaires Internationales du Département d’Études Anexactes, s’y rendit pour documenter la révolte et une série de conférences de Diego Sztulwark intitulée Le Pouvoir de l’Existence.
De cet échange avec Caja Negra, Lobo Suelto, Vitrina Dystópica et Ratinoamérica Unida sont issus des documents audiovisuels et des collaborations, comme la conférence Autogérer le Chaos avec Amador Fernández-Savater, qui s’intègre à la série de micro-conférences du Département.
Promenades
Les lisières, les frontières internes et les échanges périphériques ont toujours orienté la configuration du Parc Paradigme.
Des promenades urbaines coorganisées avec Urbanismo Vivo, Jane’s Walks et IF ont exploré les zones de contact et de séparation entre l’université et la ville, parfois en reliant le siège d’Investigations Futures au campus de Villa Lynch.
Ces parcours portaient le titre À la recherche du Parc Paradigme : une nouvelle promenade aux lisières.
Défis futurs
Transmutations : Troisième, Quatrième et Futures Refondations
Mi-2022, les travaux officiels d’aménagement paysager et de terrain de sport ont repris. Le terrain a été défriché, les locomotives retirées. Pourtant, le Parc Paradigme continue de se manifester dans les ruines éphémères précédant la construction – une présence spectrale flottant encore sur La Zona.
Atelier de Matérialités Étendues
En 2023, alors que l’on croyait tout terminé, une invitation à diriger l’atelier Matérialités Étendues dans le cadre officiel du cursus a marqué un nouveau tournant.
Cette opportunité a permis de construire des structures expérimentales et de revisiter le Parc Paradigme sous un autre angle académique, avec un soutien institutionnel modeste mais bienvenu.
Une grande équipe a été formée et l’atelier ouvert aux inscriptions, avec l’objectif clair de réimaginer le Parc Paradigme par d’autres moyens.
FestivAE
Le Festival des Arts Électroniques vit et se développe à travers les voix de sa communauté étudiante autogérée, toujours plus forte chaque année.
Les actions de l’atelier Matérialités Étendues entrent en résonance avec l’énergie du FestivAE : tables modulaires transformables en gradins ou scènes, écrans portables, grande chambre noire reconvertie en cabine sonore.
Le mythe fondateur du Parc Paradigme habite l’esprit autogéré du festival. À un moment donné, nous avons plaisanté en parlant de la Paradigme-parcisation du FestivAE – une déclaration mutuelle d’admiration et de complicité.
Ce n’est qu’à travers ce chemin sinueux qu’émerge l’idée de Refondation Permanente – non plus comme un concept à suivre, mais comme une matérialité vivante et expressive.
